Quand on pense au coaching ou au mentorat, on pense souvent au profil du coach ou du mentor. Est-ce qu’il est bon, pertinent, qu’est-ce qu’il•elle va m’apporter ? Sauf qu’on oublie une donnée précise : un coaching qui transforme, c’est 20% de travail pour le coach, et 80% de travail pour toi (sorry not sorry). Se pose alors LA question inconfortable : est-ce que TOI tu coches toutes les cases d’un•e Freelance coachable ?
On voit ça aujourd’hui à travers 3 questions clés.
Question 1 : « Est-ce que tu vas dédier du temps au coaching, ou est-ce que tu vas t’en occuper en dehors des temps de production ? »
Tout ce qui n’est pas au planning n’existe pas. Le coaching « quand ça se calmera », c’est pour 80% des gens (les 80% qui ne bougeront pas). Sauf que dans la vraie vie, on a toujours une raison de faire autre chose (même quand on a pas de raison).
Investir dans un coaching, ce n’est pas juste sortir sa CB. C’est dédier du temps à cet investissement, en sachant que tu investis pour que « quelqu’un te donne encore plus de boulot ». Mais du boulot qui transforme.
Les red flags
- « Je ferai le coaching quand le boulot se calmera. » (Indice: ça ne se calme jamais.)
- Tu déplaces plus de 2 fois d’affilée un créneau coaching pour « une urgence client ».
- Tes créneaux sont vagues (« taf perso ») donc faciles à cannibaliser.
- Tu ne sais pas mesurer ce qui a été produit dans ces créneaux.
Les green flags
- Tu es capable de verrouiller 2 créneaux hebdomadaires d’au moins 1 heure dans ton calendrier, avec un intitulé explicite (« Coaching : travail avec Joffrey » et « Coaching : production »).
- Tu ouvres un créneau de travail avec un plan : où j’en suis sur le sujet du jour ; ce que je cherche à comprendre/apprendre/faire évoluer ; quelles actions mener après la séance.
- En cas de pic d’activité « pas le choix sinon tout brûle », tu réduis la durée mais tu ne supprimes pas la session (de 90 min à 25 min, mais elle a lieu).
Mes recommandations si tu veux avancer
Bloques dès maintenant plusieurs créneaux dans ta semaine :
- 1 heure pour analyser et réfléchir à ton business
- 30 minutes pour effectuer une action importante pour ton activité (« entrer en contact avec 5 cibles sur LinkedIn »)
- 1 heure pour préparer des communications sur ton activité
La première semaine, tu vas y arriver.
La seconde, on verra. La troisième, on aura perdu 80% des gens.
Et si tu tiens encore sans sourciller à la semaine 4, alors on va se parler.
Question 2 : « À quel point es-tu prêt•e à remettre en question ce que tu penses savoir de toi, de ton métier, de ton marché, de tes clients ? »

L’idée du coaching, ce n’est pas de passer son temps à valider tout ce que tu as déjà bien fait. C’est un levier pour progresser. La croissance de ton activité passe par des analyses inconfortables (« ce service ne fonctionne simplement pas ») et par des décisions courageuses (changer une offre, augmenter ses prix, quitter des clients).
Au plus tu te mets dans un mode « je sais », au moins tu t’ouvriras à des solutions qui fonctionnent.
Les red flags
- Tu cherches surtout de l’approbation, ou « l’avis qui rassure ».
- Tu expliques systématiquement pourquoi « chez moi c’est différent ».
- Tu repousses les recommandations qui touchent à l’argent (pricing, chasse aux paiements), à la posture (négociation, cadrage) où à la manière de faire ton job (process, livrables).
Les green flags
- Tu es capable de ne pas prendre les feedbacks de manière personnelle.
- Tu acceptes l’idée que tes « bonnes raisons » sont peut‑être des excuses déguisées.
- Tu acceptes que les feedbacks peuvent être des raisons de tester les choses d’une manière différente.
Mes recommandations si tu veux avancer
Fais une liste (fournies) des hypothèses que tu peux faire sur ton activité, ton secteur et tes clients : « c’est la merde pour les freelances en ce moment », « me clients veulent ça », ou « on vient me chercher pour ce service ».
Ensuite, insère ces hypothèses/croyances/vérités dans un tableau, et ajoutes-y 2 colonnes.
La première s’intitule « source de l’hypothèse » : c’est là que tu indiques d’où tu tiens cette hypothèse/croyance/vérité. La seconde s’intitule « comment je vérifie » : c’est là que tu indiques de quelles manière tu as confronté ton hypothèse pour la vérifier.
À chaque fois tu rempliras avec « mon expérience », tu auras l’indice qu’il faut travailler sur ce que tu crois savoir.
Question 3 : « Es-tu prêt•e à consacrer du temps à travailler entre les séances, à exécuter et à produire ? »
Les séances de travail en coaching servent à remuer, à ouvrir les chakras, et à créer de la clarté sur un sujet. La progression vient ensuite de ton travail individuel entre les séances.
Sans exécution, tu collectionnes simplement des idées. Et sans mesure, tu ne sais pas ce qui marche ou pas.
Être coachable ici, c’est t’engager sur 1 à 3 actions concrètes par séance, les réaliser, et revenir avec des données.
Les red flags
- Tu reviens en séance avec « j’ai réfléchi » mais aucune action réalisée.
- Tu changes les données du problème chaque semaine : « En fait je pense que le problème vient plus de là. »
- Tu n’as pas eu le temps parce que « la production pour les clients est prioritaire. »
Les green flags
- Tu t’engages à au moins 1 à 3 actions, même simples, à réaliser pour la séance suivante. Et tu les réalises.
- Tu arrives en séance avec un bilan synthétique de ton travail : « Objectif = 10 prises de contact. Réalisé = 8. Résultat = 2 RDV. Hypothèse de problème = script d’accroche. Questions du jour. »
- La veille d’une séance (ou 2 jours avant), tu peux envoyer un WhatsApp en indiquant à ton interlocuteur si tu as bien avancé ou non.
Mes recommandations si tu veux avancer
Ce qu’on veut travailler là, c’est ta capacité à dire « ok, aujourd’hui on a bossé sur ce sujet : dans X jours, je reviens avec Y tests pour voir comment ça réagit ». Plan d’action et respect de ton engagement, c’est ça qu’on veut.
Et cette qualité, tu te la dois à toi mais aussi à tes clients. Je te proposes donc de regarder (avec honnêteté, et sans excuses ou raisons) une chose simple : qu’est-ce que tu promets à tes clients ? dans quels délais ? est-ce que tu es au rendez-vous de ces délais et du niveau de qualité que tu promets ? oui, non ? dans quelles proportions ?
Action et engagement : la capacité à être bon là dessus, même sur des petites choses qui paraissent insignifiantes, a une valeur incroyable pour tes clients, et pour toi.
Quoi retenir ?
- Un coaching, c’est pas un film à regarder pour passer le temps.
Tu investis de l’argent parce que tu as envie/besoin de te transformer. - C’est toi qui pose les conditions pour que ton coaching porte ses fruits.
Les conditions n’arrivent pas toutes seules. La production ne va pas « se calmer » pour laisser la place. C’est toi qui « fait la place. » - Le coaching, c’est 80% de travail pour toi.
Le travail en séance remue la terre et sème les graines. Ton travail individuel prend soin des pousses et les fait grandir, pour en récolter le fruit (rhaaa c’est beau).
Alors, « coachable » ou non ?
Tu veux continuer à parler de ce sujet ? Tu te sens prêt à lancer un coaching ?
Envoies-moi un message, et on se prend 15 minutes pour en parler.