FTS Story est une série d’articles dédiée à ma première entreprise, Fantassin. Dans cette série, je te propose d’explorer toutes les grandes étapes de cette première aventure entrepreneuriale, qui aura mobilisé plus ou moins 10 ans de ma vie. Une expérience riche d’apprentissages, de victoires, mais aussi de moments plus difficiles qui me servent de boussole encore aujourd’hui.

De la currywurst au saucisson lyonnais

Nous sommes en 2012. À l’époque, je reviens à Lyon après une expérience de 9 mois à Berlin. Auprès de mon amie Aurélie, je clos une aventure en tant qu’UX/UI Designer (Interface Designer disait-on à l’époque) pour Marco Boerries, le fondateur originel d’Open office.

En 2012, le métier d’UX Designer est encore nouveau en Europe. Mais le boss de cette boîte a eu un parcours pro principalement aux États-Unis (Open Office, puis une autre boîte rachetée par Deutsche Bank, puis une autre rachetée par Yahoo… le gars est dans le game), donc je passe plusieurs mois dans le bain d’un job qu’on ne connait pas vraiment en Europe, mais qui se pratique déjà bien aux US. Autant dire que j’en ai autant bavé que j’ai pris en skills à la vitesse de l’éclair. Bref.

Retour à Lyon, donc. Avec mon expérience sous le bras, un portfolio pre-Berlin plutôt sympa, et l’envie de… bosser en indépendant. Retourner en agence ne n’enchante pas vraiment, mon prêt étudiant a pu être soldé avec mon expérience allemande (liberté !), et je peux me permettre de tenter le coup.

J’attaque donc la mise à jour de mon portfolio (classique), et la chasse aux clients. Les agences web et les agences de communication en premier lieu, puisqu’après mes études j’ai eu l’opportunité d’avoir une expérience de plusieurs mois dans une belle agence de la place lyonnaise (avec des beaux noms à poser sur un CV).

Les projets démarrent, se livrent, et la clientèle des entreprises commence également à se développer. Lentement mais surement.

À cette époque, je me rappelle avoir cette vision très claire : « je me donne un an et je passe en boîte ». Seulement voila, les choses vont un peu s’accélérer.

Le « contact »

Au travers de mon ancien boss (de l’agence lyonnaise dont je parlais plutôt), je suis branché sur un projet de refonte d’identité et de site web pour un cabinet d’avocats. Projet très sympa, et joli budget pour moi (pour l’époque). Le petit plus : j’ai quelqu’un dans la place : le contact de mon ancien boss. C’est lui qui gère le projet, avec les quelques associés du cabinet (3 ou 4 je crois).

Et au fur à et mesure que le projet avance, lui et moi discutons de ce que j’ai en tête pour la suite. Le fait que cette personne soit ami d’enfance avec mon ancien boss favorise les choses bien sûr, et il commence à me donner des astuces business… et à me parler de passer en société.

Tu le vois venir, ça n’a pas fait long feu avant que je me lance dans ces démarches, avec lui en soutien. Tout se passe très bien, mon CA est suffisant pour le passage en EURL, et cette personne sécurise le tout pour que je sois serein. La boîte est née.

Une boîte, oui, mais sans nom.

Encore un truc qui me vient sous la douche

Et pas question d’utiliser mon propre nom pour nommer cette entreprise. « Avec un nom comme le tient, c’est mort. Trouve un nom type Studio ou Agence ». Encore aujourd’hui, je ris de ce conseil de cet ancien patron, tant je le trouve vrai (pour moi) encore aujourd’hui. On est donc parti : chasse au nom de la boîte !

Alors bon, je vais t’épargner la méthode. Parce que depuis le temps, je ne m’en souviens pas. Tout ce que je peux dire, c’est que je fouille partout pour imaginer une trentaine de possibilités de nom. Jusqu’à tomber sur un mot, qui fait « bim » : Fantassin.

Le tout premier logo de Fantassin (2011)

Court (3 syllabes) ; Original ; Potentiel à histoire (le fantassin, la première ligne, le web en première ligne…). C’est vendu. Après des semaines à imaginer des noms dans tous les sens, celui-ci me pop (sans doute) dans la douche et se fait valider dans la foulée. Classe.

Mais ce nom, je ne le choisis pas simplement parce qu’il est punchy. Ce nom, il porte également mes envies lorsque je crée cette boîte : aller à la bagarre ; donner le meilleur et sortir de la qualité. Enfin, il l’espoir d’un gars qui veut faire sa place dans un monde dans lequel il s’est souvent senti un peu seul (faute d’une formation « comme les autres »).

Fantassin est né.
Et rien ne pouvait m’arrêter.

Ce que j’en retiens aujourd’hui

  • Un nom, ça reste. Même s’il faut « perdre du temps » dans le processus jusqu’à tomber sur la perle, ça vaut le coup. Ce processus est fondateur selon moi.
  • Le nom d’une entreprise peut devenir un Ice Breaker : Fantassin a toujours rendu curieux, les gens me demandaient toujours « pourquoi ce nom ? ». La capacité d’un nom à ouvrir une conversation est une force immense.
  • Rendre ce qu’on reçoit : cette personne qui m’a aidé à lancer Fantassin avait reçu de l’aide lorsqu’elle s’est lancée. Elle m’a transmis le flambeau, avec la responsabilité d’en faire de même. Fantassin, c’est donc aussi le début de mon parcours de « give back » : à travers les interventions en écoles, l’aide au réseau, les conseils aux pairs, et aujourd’hui le coaching aux Freelances.