Lorsqu’on observe les différences entre un•e Freelance et un•e autre, observer le « système d’excuses » d’un individu est très révélateur.
Assez souvent, on peut entendre que Machin à réussi par rapport à Machine, parce que « la chance », parce que « le bon timing », parce que « le soutient » ou encore « le réseau ». Alors oui, tous ces éléments peuvent avoir un impact. Mais tous ces bruits sont surtout très révélateurs d’un certain état d’esprit.
Deux modes de pensée par rapport aux excuses.
Dans le premier coin, on a l’état d’esprit A.
Dans l’autre coin, l’état d’esprit B.
Et tu vas voir qu’en les décrivant, tu reconnaîtra des connaissances à toi (ou que tu te reconnaîtras toi-même ?). Et peut-être que tu pourras analyser leurs résultats à la hauteur de leur état d’esprit.
État d’esprit A
Le•la Freelance A est « présent•e ». Quand il•elle est là, on le sait. Pas forcément à gueuler partout, mais à parler, simplement. À analyser, à commenter, à critiquer parfois, et à se plaindre.
- Quand ça ne se passe pas bien avec un client, c’est que le client est un con ;
- Quand le budget ne passe pas, c’est que le client est un radin ;
- Quand l’activité ne pas pas trop, c’est « le marché » ;
- Quand le voisin réussi un peu mieux, c’est qu’il est un peu plus privilégié ;
- Quand un client se barre, c’est qu’il ne comprenait rien ;
- Quand il•elle n’a pas percé dans le foot en pro ? « Je me suis fait les croisés ».
Mais par contre :
- Quand un projet est gagné, on le sait ;
- Quand un projet est super bien vendu, on le sait ;
- etc.
Bref, on a toutes et tous un « type A » en tête.
État d’esprit B
La •la Freelance B n’est pas forcément plus discret, ou complètement introverti comme tu pouvais t’y attendre. Il•elle peut être sociable, faire du bruit, déconner… C’est juste que :
- Quand ça ne se passe pas bien avec un client, il•elle va chercher à comprendre ce qui coince en discutant avec son client ;
- Quand le budget ne passe pas, il•elle se dira qu’il•elle aurait dû filtrer son prospect plus en amont ;
- Quand l’activité ne pas pas trop, il•elle questionne et cherche à comprendre si ses offres ne sont pas à adapter ;
- Quand le voisin réussi un peu mieux, il•elle lui envoie une attention pour le féliciter ;
- Quand un client se barre, il•elle va accuser le coup. Puis analyser ce qui s’est passé, pour comprendre et éviter que cela ne se reproduise.
À l’inverse :
- Quand un projet est gagné, on ne le saura pas forcément ;
- Quand un projet est super bien vendu, non plus ;
- etc.
Et là aussi, j’imagine que tu as un « type B » en tête.
La différence entre A et B ?
La manière de prendre la responsabilité de ce qui arrive, que les raisons soient internes ou externes.
Cherche à comprendre, pas à t’excuser.
Évidemment, chercher des excuses lorsque quelque chose ne va pas, c’est naturel. Ça fait du bien, et on a sans doute tous un peu ce réflexe là. Et lorsqu’on est Freelance, seul•e dans son activité et parfois un peu isolé•e dans son réseau, on plonge la tête la première.
La clé, c’est de passer à l’étape d’après : changer la posture, observer, analyser, comprendre et itérer. Et c’est précisément ce moment là qui fait la différence, selon moi, entre un•e Freelance qui progresse et un•e Freelance qui stagne. Cet état d’esprit d’arrêter de subir, et de reprendre une posture d’acteur et de créateur.
Tu peux te plaindre de ce qui t’arrives, dans une certaine limite. Après cette limite, tout le temps perdu à chouiner est de ta responsabilité.
Parce qu’on se plantera toujours, en fait.
Et les Freelances qui gèrent, ce sont celles et ceux qui, dans l’ombre, sont capable de remettre en question leur système et y appliquer des changements. Sans forcément s’afficher dans un Build in Public sur LinkedIn ou en faisant une vidéo Insta sur le sujet.